Le réseau de lutte contre la criminalité financière (FinCEN) du département du Trésor américain a découvert environ 17 000 milliards de dollars d'activités criminelles financières. Il a établi un lien entre ces activités et des escroqueries présumées aux investissements en actifs numériques, orchestrées par plusieurs centres d'escroquerie à l'étranger.
Le FinCEN a examiné 33 904 déclarations de fraude à la loi sur le secret bancaire (BSA) déposées entre septembre 2023 et décembre 2025. Les victimes se trouvaient dans les 50 États américains et dans de nombreux territoires. L’organisme de réglementation a déclaré que les escroqueries aux investissements en actifs numériques constituent l’une des menaces de fraude les plus importantes pour les Américains dans l’économie actuelle. Ces conclusions du FinCEN révèlent un problème bien plus vaste que la simple fraude en ligne isolée. Les réseaux d’escrocs s’appuient sur les escroqueries aux investissements en actifs numériques pour recevoir, transférer et dissimuler les gains illicites.
Comment fonctionnent les arnaques à l'investissement dans les actifs numériques
Les arnaques aux investissements en actifs numériques débutent souvent par une manipulation psychologique plutôt que par une transaction financière suspecte évidente. Le FinCEN indique que les criminels utilisent fréquemment de fausses identités pour se faire passer pour des partenaires amoureux, de nouveaux amis ou des contacts professionnels potentiels. Les victimes sont ainsi incitées à transférer de l'argent vers des placements frauduleux en actifs numériques. Ces transferts s'effectuent via des sites web ou des applications mobiles conçus pour imiter de véritables services d'investissement.

Ces escroqueries à l'investissement sont largement liées à des organisations criminelles transnationales qui opèrent des réseaux d'escroquerie à grande échelle en Asie du Sud-Est. Ces réseaux utilisent de vastes groupes de criminels et de prestataires de services pour cibler les victimes et étendre leurs activités. Cependant, le ciblage des victimes ne représente qu'une partie de l'opération. Les centres d'escroquerie à l'étranger dépendent d'une infrastructure criminelle plus vaste, capable de transférer et de blanchir les gains.
L'infrastructure criminelle derrière les centres d'escroquerie à l'étranger
La partie la plus choquante de Les conclusions de FinCEN L'infrastructure sous-tendait les centres d'escroquerie à l'étranger. Les opérateurs utilisaient des plateformes de garantie, des marchés en ligne où les groupes criminels pouvaient acheter des services tels que la création de comptes, le phishing et le blanchiment d'argent. Ces services permettaient aux réseaux d'escroquerie d'externaliser des pans entiers de leurs opérations et de fonctionner davantage comme des écosystèmes commerciaux organisés que comme des groupes de fraude isolés.
De ce fait, les blanchisseurs d'argent professionnels jouent un rôle crucial en créant des comptes financiers et des sociétés écrans pour acheminer des fonds à travers de vastes réseaux de blanchiment. Ces fonds sont ensuite intégrés au système financier formel via des réseaux de mules financières, des transferts de stablecoins et des plateformes d'échange d'actifs numériques hors des États-Unis. C'est à ce stade du blanchiment que les activités frauduleuses peuvent commencer à croiser le chemin d'institutions financières réglementées, rendant la détection des indicateurs de risque associés d'autant plus importante.
FinCEN signale de nouveaux indicateurs de risque liés aux arnaques
L'autorité de régulation a également émis une alerte à destination des institutions financières, en parallèle de son analyse. Elle les a exhortées à identifier, stopper et signaler toute activité suspecte liée à des centres d'escroquerie à l'étranger. Cette démarche est cruciale, car il est rare qu'une seule transaction ou caractéristique d'un client permette de prouver formellement une activité criminelle.
Lorsque plusieurs signaux apparaissent simultanément, une activité suspecte devient plus évidente. Cela inclut toute relation inhabituelle avec des plateformes d'actifs numériques, des mouvements de fonds rapides, le recours à des sociétés écrans, un possible comportement de mules financières, ou des transferts liés à des juridictions et des entités associées à des opérations frauduleuses.
La leçon à retenir est que les entreprises doivent identifier les schémas récurrents plutôt que de se concentrer sur des transactions isolées pour lutter contre les escroqueries liées aux investissements en actifs numériques. Ce guide met l'accent sur la combinaison de comportements, de juridictions et de schémas de transactions, plutôt que de se fier à un seul indicateur d'activité suspecte.
Pourquoi les vérifications d'identité ne permettent pas de saisir l'intégralité du risque
Le problème réside également dans l'hypothèse que tout succès vérification d'identité « Immédiatement » signifie qu'un client présente un faible risque. Les réseaux frauduleux prospèrent grâce à des identités volées ou fictives, des personnes authentiques servant de mules financières, ou des structures d'entreprise d'apparence légitime pour transférer des fonds. Le titulaire d'un compte peut être une personne réelle, même si l'usage de ce compte reste illicite.
La vérification d'identité permet d'identifier une personne. Elle ne permet pas de déterminer le risque que cette personne ou cette entreprise pourrait présenter ultérieurement. C'est pourquoi une vigilance constante à l'égard de la clientèle est essentielle, notamment lorsqu'un compte initialement légitime est par la suite lié à des activités suspectes.
Les arnaques liées aux investissements en actifs numériques et la lutte contre le blanchiment d'argent convergent
Prévention de la fraude et Lutte contre le blanchiment d'argent (AML) Il est pratiquement impossible de dissocier les mécanismes de contrôle. Bien que les arnaques aux investissements en actifs numériques génèrent les premiers bénéfices, le transfert des fonds dépend encore largement de l'infrastructure financière réelle.
Les équipes spécialisées dans la lutte contre la fraude peuvent détecter l'escroquerie initiale, tandis que les équipes de lutte contre le blanchiment d'argent repèrent les comptes, les entités et les transactions utilisés pour transférer les fonds. Ces deux équipes peuvent ainsi observer différentes étapes d'un même réseau criminel.
Pour les entreprises réglementées, des contrôles fragmentés sont difficiles à justifier. Plus important encore, des affaires récentes de mise en application et de réglementation, à l'instar de celle du FinCEN, ont renforcé cette même tendance. Les autorités de réglementation s'intéressent davantage à la capacité des entreprises à exploiter efficacement les informations relatives aux risques.
Ce que les équipes de conformité peuvent apprendre des conclusions du FinCEN
Le FinCEN affirme que les escroqueries liées aux investissements en actifs numériques démontrent que la vérification d'identité doit être intégrée à la diligence raisonnable fondée sur les risques, au contrôle anti-blanchiment et à la surveillance continue tout au long du cycle de vie du client. Plusieurs enseignements pratiques se dégagent :
- Considérez l'intégration comme le point de départ du processus d'évaluation des risques, car les profils de risque des clients peuvent évoluer au fil du temps après l'ouverture d'un compte.
- Recherchez un ensemble de signaux de risque tels que l'identité, les habitudes de transaction et l'exposition, car ils sont beaucoup plus précieux lorsqu'ils sont évalués conjointement.
- Ne sous-estimez pas le risque lié aux mules financières, car les centres d'escroquerie à l'étranger peuvent exploiter des personnes authentiques et de vrais comptes.
- Utilisez une surveillance continue pour détecter toute nouvelle information, tout changement ou toute exposition survenant après l'intégration.
De plus, le FinCEN encourage fortement les institutions financières à participer au partage volontaire d'informations en vertu de l'article 314 (b) du USA PATRIOT Act, qui permet aux institutions de partager des informations concernant des activités pouvant impliquer du blanchiment d'argent ou des activités terroristes tout en bénéficiant de protections de responsabilité.

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